Sous le contrôle de Geneviève Moracchini-Mazel dans ses ouvrages consacrés aux édifices romans de Corse, on constate qu'il y a dans l'île peu d'édifices dévoués au culte de Saint Jean.
L'affaire se complique avec cette incertitude : s'agit-il de Giovanni Evangelista ou de Giovanni Battista ? (voir nos pages sur Saint Jean-Baptiste).
Les sources sont parfois contradictoires et les spécialistes peuvent même être amenés à corriger leurs premières indications.
LA PLUS ANCIENNE PEUT-ETRE

Elle daterait du VIè s. et aurait été une monachie, un petit monastère ou petite église champêtre.
DANS LES REGIONS
CAP CORSE
Sisco


BALAGNE
Belgodère Chapelle San Giovanni


La présence de Saint Antoine de Padoue qui vivait au XIIIè s. peut paraître insolite ; elle est peut-être liée au commanditaire.
Profitons de cette visite pour admirer la chapelle.


Les toiles de part et d'autre du retable sont de Marc'Antonio De Santis (1647-1681) ; elles figurent saint Pellegrino Laziosi à gauche et le bienheureux Giovacchino de Sienne à droite.
Réalisées d'après des gravures de bréviaires apportées sans doute par les Servites à l'artiste, elles ont été manifestement rognées pour "entrer" dans le retable.
(Michel-Edouard Nigaglioni, Les peintres de l'école corse et l'Ordre des Servites de Marie; in Les Servites de Marie en Corse, de Jean-Christophe Liccia, pp798-799).
Les Servites de Marie vénéraient la Vierge des 7 Douleurs (voir notre page Les Servites de Marie en Corse
Pellegrino Laziosi (Peregrin Laziosi) religieux servite originaire de Forli en Italie (1265-1345) canonisé en 1726, patron des malades du cancer et du sida.


Aregno hameau de Praoli - Chapelle San Giovanni

Le trésor de cette jolie chapelle enfermée au coeur du hameau est cette magnifique toile figurant la Donation du Rosaire.
Les commanditaires présents en bas de la toile sont nommés : Giovanni conda (quondam = fils de feu) Agostino fecit (facere sans doute).
On reconnaît à gauche un saint armé d'une épée (Paul, Pancrace ?), Jean l'Evangéliste reconnaissable à la coupe d'où émerge un serpent destiné à l'empoisonner* ; à droite Catherine d'Alexandrie et la roue de son supplice et Joseph tenant le bâton fleuri qui le distingua des autres prétendants de Marie voir notre page Saint Joseph).
* voir notre page Jean l'Evangéliste Partie 1
NEBBIO
Santo Pietro di Tenda


Le peintre Luigi Tuticci représente sur la coupole du choeur une référence au texte de l'Apocalypse de Saint Jean : Liber scriptus intus et foris (Apocalypse, 5): "Puis je vis dans la main droite de celui qui était assis sur le trône un livre écrit en dedans et en dehors, scellé de sept sceaux (...)


Parmi les nombreuses statues dédiées à Joseph, Roch, Lucie etc. cette charmante Vierge à l'Enfant toute redorée.


NEBBIO
Murato
Monachia de San Giovanni : De fondation pré romane avec des reprises aux IXè-Xè s. selon Geneviève Moracchini Mazel.

CASINCA
Sorbo


CASTAGNICCIA
San Giovanni di Moriani



Monacia d'Orezza

Santa-Lucia di Moriani Chapelle Saint Jean

CORTE CENTRE CORSE
Altiani : chapelle San Ghjovanni "di u ponte a u larice"
L’histoire de cet édifice est sujet à débat. D’après les dernières études, la chapelle aurait été reconstruite entièrement en 1600 par maitre Alissandro qui aurait réutilisé une partie des pierres taillées provenant de l’église romane ruinée.
Cette chapelle a également suscité plusieurs controverses sur sa titulature : San Giovanni ou ou San Giovanni Battista ? A cause sans doute de la proximité d'une chapelle Saint Jean-Baptiste actuellement sur la commune de Focicchia.

Construite au bord du Tavignano près du pont génois, la chapelle San Giovanni présente des aspects pré romans annonciateurs de l'architecture du XIè s. selon Geneviève Moracchini-Mazel qui revient sur sa première indication et rattache bien la chapelle à Saint Jean l'Evangéliste :
"la description de Monseigneur Mascardi, en 1589 (visite apostolique), (...) est très claire: elle se dénommait monachia et le moine Valerius, qui la desservait, nourrissait les pauvres qui passaient sur le chemin (1).
Le fait est qu'elle était dédiée à San Ghjuvanni Evangelista, puisqu'un acte notarié de 1721 le précise , indique bien que l'on n'y célébrait pas le baptême". (2)
(1) Les Eglises romanes, vol. II, p. 332 : « Ecclesia titulo Sti Io(ann)is campestris Monachia nuncupata » etc.
(2) Acte cité par M. M. Corazzini et Giorgi-Antonetti, in BSSHNC n° 660. 1991 : cf. la mise au point que j'ai faite à ce sujet in BSSHNC n° 662.
Geneviève Moracchini-Mazel : A propos des églises San Ghjuvanni proches du pont d'Altiani (Haute-Corse): in BSSHNC n° 662. 1998, pp. 130-131:1998, pp. 130-131:
" La Monachia San Ghjuvanni Evangelista est bien celle qui est près du pont et qui fut visitée par Mgr. Mascardi en 1589. Mais la plebania de Rogna, S. Ghjuvanni Battista, qui est à un peu plus d'un kilomètre de ce pont, sur la Commune de Fucicchja (un demi-mille, dit l'acte) est bien l'édifice ruiné qui est une ancienne église transformée en maison, dont il reste la belle abside, et que Mgr. Mascardi n'a pas même mentionnée".


Ventiseri






Calacuccia - Chapelle San Giovanni e Santa Lucia

Jean montre la première page de son Evangile : "In principium erat verbum..."
